Le prix à payer pour retrouver son ancienne vie : Ma vie de prince,mon anniversaire

On reconnaît le milieu de quelqu’un en observant sa manière de faire.
J’ai grandi dans une famille riche, à l’abri de tout besoin… Étant l’unique enfant de la famille, nous  vivions dans l’une des communes  les plus huppées d’Abidjan : Cocody.
Mon père était un général d’armée et ma mère comptable dans une société de la place.
Tout le voisinage était constitué de hauts cadres : ministre et hommes d’affaires.
Toute cette panoplie de personnes créait une sorte de concurrence au niveau des enfants…
Le premier qui obtenait un cadeau ou un objet à la mode venait narguer les autres en l’exhibant au yeux de tous pour montrer qu’il est le premier à l’avoir. Et bien évidemment, j’étais celui qui obtenait tout ce dont il avait besoin ou envie…
Je me rappelle que à mes 12 ans, j’étais avec mes parents pour l’achat de vivres dans un hypermarché de la place lorsque mes yeux sont tombés sur une voiture assez grande pour que je la conduise moi même. 

  • Papa je veux cette voiture.
  • Ange, je pense que tu as déjà ce genre de jouets à la maison. Me répondit ma mère.
  • Je veux celle là, elle est plus grande.
  • Non pas la peine d’en avoir deux. Laisse tomber, on ne l’achètera pas.

Mon visage se transforma rapidement. Je tombai en sanglot et allant jusqu’à me traîner à même le sol.
Père me regarda avec un sourire aux lèvres.
-Lève toi mon fils. Papa va acheter cette voiture pour toi.
Ma mère montra immédiatement son mécontentement.

  • Pourquoi acceptes-tu toutes ses caprices ? Tu risques de gâter ton fils.
  • Je te comprends mais sache que je travaille pour lui et quand un prince demande, le roi exauce. Ne te fâche pas ma dulcinée.
    Le sourire regagnait mon visage… Père était certes reconnu comme un général très ferme mais avec moi, il devenait très flexible… Il savait aussi se mettre en colère quand je dépassais les bornes….
    Niveau étude j’étais toujours parmi les meilleurs, bon disons que j’étais le meilleur. Et c’est évident puisque je fréquente l’une des écoles les plus en vogue ou sejourne un ramassis de personnes super intelligentes et aussi riche : le lycée classique d’Abidjan…. Ma vie faisait saliver bon nombres de mes amis d’école…. Chauffeur a ma disposition.
    Je suis en troisième et j’obtiens tout avec une telle aisance…
    Père et toute la famille avions passée nos vacance en Grèce. Cette découverte était parfaite. De retour des vacances  mes parents demandaient à me parler. Assis tous les trois au salon pere commença à me parler :
  • Nous avons deux nouvelles à t’annoncer.
  • Je vous écoute pere.
    Mes idées étaient fixées sur : une nouvelle école plus en vogue ou une voiture juste pour moi, etc.
  • La première nouvelle c’est que quand tu seras en terminale et que tu auras ton examen, tu iras continuer tes études en France.
    Cette nouvelle me plaisait énormément car là-bas je serai plus indépendant et j’aurai davantage tout ce dont j’ai besoin.
  • Pas de problème papa, cette nouvelle est la bienvenue. Et la deuxième nouvelle ?
  • Oui je laisse les soins à ta mère de te dire.
  • Mon fils la deuxième nouvelle est que je vais bientôt avoir un enfant. Tu seras grand frère très bientôt.
  • J’ai compris mere. Dis-je avec dégoût.
    Au fond cette nouvelle ne me plaisait guère car être enfant unique donnait plus de privilège et être deux signifierai que l’attention et l’amour de mes très chers parents seront divisés par deux, voire même inexistant à mon égard vu que le nouveau bébé prendra plus de part que moi.

Le ventre de maman se faisant prépondérant, père demanda qu’elle arrête de travailler et en contrepartie, il s’occupera de tout. Sans même qu’il soit présent, la chambre du bébé était déjà prête avec la peinture qui va avec. Un rose claire vu que le médecin de la famille avait déjà fait l’échographie.
Les neufs mois  arrivaient. J’étais en seconde et rentrant des cours, je remarque un monde fou depuis l’entrée de la maison jusqu’au salon extérieur. Le garage également était plein de véhicule. Arrivé au salon, mes parents étaient entourés de quelques membres de la famille de père et de mère et avec assez d’inconnus.
Mon père me fixa avec une sorte de fierté et me dit :

  • Mon prince, ta sœur est enfin venue même si elle a un tout petit peu fatigué ta mère.
  • Non elle ne m’as pas fatiguée comparé à Ange. Ornela sera son prénom.
    Père demanda que je me rapproche pour mieux la voir. Je m’approchai d’elle puis quand mes yeux tombaient sur ce petit être minuscule, je sentis une joie immense m’envahir. Mère demanda à ce que je vienne prendre ma petite sœur, je refusais car elle était trop minuscule et fragile mais père me fît asseoir et la déposa dans mes mains. Elle dormait tranquillement sans se soucier du bruit qu’il y avait autour. Mère reçu d’innombrables presents.

Quand père devait aller en mission, il me disait toujours ceci : “quand je suis absent, le royaume devient le tien. Protège le et prend soins de ta mère et ta petite sœur”. Je prenais à cœur cet ordre donné par mon père pendant ses absences. Je continuai mon ascension scolaire jusqu’à la terminale.
Ornela grandissait et même marchait parfaitement. Il m’arrivait de faire une scène de jalousie vu qu’elle menait en baguette toute la famille plus que moi mais au final je finis par accepter cela vu qu’elle était belle et on ne pouvait lui dire non.
Les mois passaient jusqu’au jours des examens oraux. J’attendais impatiemment mon tour pour passer. L’école était remplie d élèves et de force de l’ordre qui assuraient la surveillance.
Dans la salle d’attente, j’entends “Abalo ange Michael”.
Je réponds présent et m’apprête à rentrer dans la salle quand soudain trois gendarmes rentrent dans la salle et demandent à voir Abalo Ange. Je lève la main et ils se ruent vers moi.

  • Tu es le fils du général Abalo ?
  • Oui oui.
  • Ton père nous a terrorisé pendant des années à travers ses formations très rudes et tyranniques.
    Je ne pouvais rien dire. Je savais que pere était très rigoureux. Il donnait tout pour avoir les meilleures soldats.
  • S tu es malin après ton bac, ne rentre pas dans l’armée sinon tu risques de subir la vengeance de tous les gendarmes et même d’autres corps. Même les formateurs actuels ont été formés par ton père.
  • Je vais pas être dans l’armée. Cela ne m’intéresse pas.
    Les examens se passaient très bien du début jusqu’à la fin car j’avais parfaitement étudier et aucune matière ne me posait de problème…. Nous attendions avec impatience les résultats mais avant cela ma date d’anniversaire était proche. Nous avions fêté en famille puis vers 22H je demandai la permission pour sortir avec quelques amis d’école et de la cité pour une petite fête. Père accepta mais demanda à ce que je rentre avant 2H du matin.

Nous avions été déposé par le chauffeur à Treichville. Il voulait rester jusqu’à la fin pour nous ramener mais je le convainquis de rentrer.
La soirée fut assez cool. Alcool, cigarette et les filles. Tout ce qu’il fallait pour une fête parfaite. Mais sentant un creux au environ de 3H du matin, nous optâmes pour un kiosque dans la zone de marcory. Des Spaghettis étaient au menu. A peine nous avons débuté qu’un cargo de gendarme nous accosta :

  • Personne ne bouge. Montez tous c’est une rafle.
    Il y avait quelques jeunes, deux vieux et mes trois amis.
  • Les chefs, on peut s’arranger svp.
  • Petit, monte vite faut pas nous énerver.
    Nous étions tous dans le cargo malgré nos explications. Ils n’écoutaient personne.
    Ils étaient disposer à ecouter la voix de l’argent. Mais nous, dans notre état d’ivresse, n’étions pas disposé pour mieux plaider.

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