Une vie tumultueuse 3#

ÉPISODE 3 : Début pour l'école , début du calvaire avec la marâtre

Les vacances étaient terminées et j’étais maintenant en âge d’aller à l’école. Maman, n’étant pas financièrement stable, c’est papa qui se chargea de mon écolage. Mais à condition que j’aille habiter avec lui. Me voilà donc en route pour Yopougon, la plus grande commune d’Abidjan, où m’attendait la nouvelle femme de papa ainsi que les deux enfants nés de leur union.
J’arrivai dans ma nouvelle demeure et papa me présenta à mon demi frère, Edmond, un an de plus que moi et Madeleine, quatre ans, également ma demi soeur.
Quand il me présenta ma marâtre, je sentis dans ses yeux une colère. Elle n’était certainement pas heureuse de me voir. Elle me regarda avec du dégoût , c est ainsi que le calvaire commença.

Dans les débuts, elle paraissait la marâtre parfaite, mais il fallait attendre l’absence de papa pour qu’elle me montre une autre facette d’elle.
Elle ne voulut plus que je change mes vêtements deux fois par jour comme maman me l’avait inculqué. J’essayai de la raisonner mais elle me bastonna.
Le soir, j’entrai en cuisine pour lui demander à manger. Elle me répondit : <>. A ces mots, je dis plus rien et j’allai dormir.
Le matin suivant, elle me remit soixante quinze francs CFA, alors qu’elle en donna plus à ses deux enfants, et me dit d’utiliser cette somme pour toute la journée, le soir y compris.
Le temps passait et les punitions étaient récurrentes.
J’expliquais tout à papa à son retour du travail. Il la raisonnait mais dès qu’il tournait le dos, mon calvaire reprenait et s’intensifiait.
Il arriva un moment où j’eus plus droit aux repas de la maison. Et comme si cela ne suffisait pas, elle me battait fréquemment et souvent pour presque rien.
De peur de mourir de faim, je developpai une nouvelle habitude qui consistait à voler de la nourriture quand toute la maison dormait.
A son réveil, elle constatait un manque dans la vaisselle. Sans preuve, elle ne pouvait m’accuser. Elle entreprit alors de garder les récipients contenant de la nourriture dans sa chambre.

Je pleurais tout le temps et dormais maintenant le ventre vide.
Je me promenais de vendeuse en vendeuse, à la recherche de quelques beignets qui s’étaient retrouvé à même le sol. Mal nourri, j’étais méconnaissable et je perdis aussi ma belle denture blanche car ma marâtre m’avait confisqué tout le matériel indispensable à l’hygiène buccale.

Je commencai l’école et malgré toute cette souffrance, j’occupais toujours le premier rang pendant que mes demi-frères avaient du mal avec les études.
Un jour, sur le chemin du retour, une jeune femme me prit par la main et me demanda de venir avec elle. J’eus peur et lui dit : << J’ai fait quoi tantie ? tu m’envoies où ?>>.
Nous arrivâmes chez elle et elle me proposa un plat de riz accompagné d’une sauce au parfum agréable. Je refusai comme me l’avait appris maman mais j’avais très faim. Elle me dit dans un dialecte que je ne comprenais pas : << Déni fitini ibe dominikê.>>
Guidé par ma panse, je mangeais toute l’assiette. Puis elle me nettoya et je m’en allai à la maison.
C’est de cette façon que je me nourrissais jusqu’à ce que, je ne sais par quelle moyen, ma marâtre découvre tout. Je fus une fois de plus battu

Lorsque maman appelait pour prendre de mes nouvelles, ma marâtre décrochait et disait toujours que je me portais bien. Quand maman demandait à me parler elle lui disait soit que je dormais où j’étais sorti jouer.

Nous étions un jeudi après midi, je revenais de l’école lorsque par le fruit du hasard, je vis le père d’un ami à moi qui habitait le même quartier que maman.

  • Hey fiston ! Comment vas-tu ?
  • Je vais mal tonton. J’ai faim, répondis-je.
    Donne-moi le numéro de ma maman s’il te plaît.
  • Je suis pressé et j’ai égaré mon téléphone tout à l’heure. Prends ça et débrouille toi avec.
    Il me remit un billet de cinq mille francs.
    J’utilisai cette somme avec minutie. Et comme je ne demandai rien à ma marâtre, elle fouilla mes affaires et vit le reste de l’argent. Elle m’accusa de vol et me battit.
    La situation s’empirait. J’étais désormais au cours préparatoire deuxième année et l’année scolaire était à cinq mois de la fin. Il fallait que je quitte cet enfer.

En face de la maison, se trouvait un gérant de cabine téléphonique chez qui papa appelait fréquemment maman. C’est lui qui eut le réflexe de mettre maman au parfum de tout ce que je subissais. Il appela maman en ma présence et me tendit le téléphone.

  • Allô !
    Je reconnus la voix de maman qui comme une tendre poésie chatouillait mon tympan.
    Je pleurais en disant :
  • Maman, viens me chercher. Je ne veux pas rester ici. Personne ne m’aime.
    Je répétais ces paroles encore et encore.
    Le gérant de cabine m’arracha son téléphone et me demanda de m’en aller.
    Deux jours plus tard, maman débarqua. Papa comme toujours était absent.
    Maman m’accompagna à l’école et exposa mon vécu à ma maîtresse d’école, tout en lui demandant de me laisser partir. Ma maîtresse ne voulait pas, mais l’état dans lequel je me trouvais la rendait perplexe. Elle accepta et je rentrai avec maman.
    Laissant derrière moi , le calvaire vécu et aussi toute mes affaires puisque maman les trouvaient hideuses et sales .
    J était heureux , maman prendra soins de moi plus mieux comparé à cette méchante marâtre.

Bonne lecture n’oublier pas que vous pouvez commenter , donnez vos impressions etc merci famille

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