Je dormais dans un cimetière 14: Intrigue, Peur, Maman

Jacqui ne sut pas comment elle se retrouva entrain de suivre la silhouette blanche.
Elle tremblait.
Elle avait envie de s’enfuir mais pour aller où ?
Qu’était-elle venue chercher dans un cimetière si tard la nuit ? Elle avait agi impulsivement et en payait le prix actuellement.
La fille avait dit s’appeler Sonia ! Qui était-elle ?
Elle lui avait fait signe de la suivre.
Malgré la pénombre, Jacqui se mit à avancer.
Elle avait compris qu’elle n’avait pas le choix. De toutes les façons, personne ne serait venue à son secours même si elle s’était mise à hurler.
La témérité était l’une des caractéristiques qui la distinguait de ses sœurs.
Jacqui était courageuse et ne reculait jamais devant un danger. Elle avait tué toute seule un serpent un jour.
Mado lui avait dit ce jour-là qu’elle était capable d’affronter un lion.
Mais jamais dans le pire des scénarii, elle n’aurait cru pouvoir affronter une morte.
Elle supposait que cette fille était morte.
Il le fallait sûrement pour se promener vêtu de blanc dans un cimetière.
Était-ce un rêve ou la réalité ?
Ceci ne pouvait pas être possible.
Ça relevait plus de la fiction que de la réalité.
La vraie vie n’était pas ainsi.
Tout ce qui s’était déroulé ces derniers jours ne lui laissait plus la possibilité de distinguer la réalité de la fiction. Tout était étroitement lié.
La fille fantôme lui avait tourné le dos.

Jacqui se risqua à poser la question qui lui brûlait les lèvres.
— Qui êtes-vous ?
Sa voix tremblait.
La fille se retourna soudain. La lune éclaira subitement la clairière pour
laisser apparaître un visage bien jeune. — Je suis Sonia !
— Mais encore… ?
— Je suis une amie de Mado. Ou plutôt j’étais son amie. Elle est restée
bloquée de l’autre côté. Elle n’est pas morte. Je sais comment la faire revenir.
Le cœur de Jacqui se mit à battre plus fort.
— Vous n’êtes pas réel n’est-ce pas ? Ce n’est pas vrai tout ceci. Je suis
entrain de rêver.
— Suivez-moi, je vais vous montrer quelque chose.
Jacqui refusa de bouger.
Il faisait soudain trop frais.
Elle grelottait
— Que voulez-vous me montrer ?
Sonia se retourna et se mit à marcher. Elle lança par-dessus son épaule — Ma tombe !
Jacqui s’écroula soudain.
C’était trop pour elle.
Je cherchais une solution rapide et efficace. Je voulais entrer en contact
avec ma sœur.
Je devais la suivre. Lorsque je la vis prendre la route du cimetière, je
compris qu’elle était sur la bonne voie. L’apparition de Sonia m’avait fait sursauter. Je faillis perdre connaissance avant de me rendre compte que je n’avais pas mon corps à moi.
Sonia ne me voyait pas, pourtant je pouvais la voir sans l’entendre.

Pourquoi parlait-elle à Jacqui et que lui disait-elle ? Jacqui était bien la seule personne capable de parler à un fantôme sans peur. Je n’aurais pas pu le faire.
Je n’eus pas le temps de m’interroger longtemps, ma mère était déjà à mes côtés.
— Maman, c’est Sonia, la fille de Roger. Sa tante m’a dit qu’elle était morte. Je ne sais pas pourquoi son fantôme se ballade encore parmi les vivants. N’est-elle pas censé avoir déjà quitté le monde des vivants ? Que fait-elle là ? On
dirait qu’aucun mort ne reste dans la tombe !
Ma mère secoua la tête. Elle ne comprenait pas également.
— Elle est morte ?
— Oui maman. C’est elle qui avait proposé le service sur internet. Je ne
comprends pas. Je n’arrive pas à l’écouter.
— C’est normal. Il existe plusieurs types de morts. Toi, tu n’as pas encore
cette capacité à entendre ceux qui rôdent sur la terre. Tu peux les voir mais pas les entendre. Ton cas est différent. Tout changera après ta mort définitive.
J’ai secoué la tête.
Ceci me semblait invraisemblable.
Je vis soudain Jacqui s’écrouler
Je voulus courir vers elle même si je savais que je n’allais rien faire. Ma mère me retint par le bras.
— Laisse-la !
— Maman
— En t’approchant d’elle, tu risquerais lui transmettre ta peur et faire tout rater. Si Sonia sait que nous sommes là, elle changera soudain de dessein.
— Mais maman, je ne sais même pas ce qu’elle veut
— Mado, il reste vingt-quatre heures. Si le fantôme de Sonia est là, c’est sûrement pour une bonne raison. Peut-être veut-elle se venger ou sortir de sa prison.

— Quelle prison ?
Ma mère poussa un soupir.
— Il te reste encore beaucoup à apprendre Mado.
Justement, je ne voulais pas apprendre. Je voulais ma vie. Je voulais
retourner à mon ancienne vie.
Je voulais vivre comme une fille de mon âge. Je voulais être normale. Je ne voulais pas être là à me demander si je rêvais ou pas.
Je m’étais demandé plusieurs fois au cours des heures écoulées si quelqu’un
allait pouvoir me croire un jour si je parvenais à m’en sortir.
Je savais que c’était tiré par les cheveux. Vous alliez me dire que ça ne
peut pas être possible, que c’est faux.
Je vous rassure tout de suite, il s’agit d’une histoire réelle et non fictive. Je préfère ne pas vous situer où se déroule exactement cette scène. Vous n’allez pas me croire de toute façon et dans le meilleur des cas, vous éviterez désormais de fréquenter ce cimetière.
Le monde qui vous entoure n’est pas celui que vous voyez. Vous vivez, mangez et riez avec eux tous les jours. Ils sont là, marchent le jour et sont vos amis. Ils attendent le moment idéal pour vous infiltrer.
Ils, ce sont les morts vivants.
Certains appartiennent à l’organisation.
— Comment sais-tu tout ceci maman
— Viens ! Nous devons nous éloigner. Je ressens déjà des vibrations
négatives… Certains fantômes vont bientôt se balader… C’est l’heure pour eux de faire le tour de la ville. Il ne faut pas qu’ils ressentent notre présence. Allons- nous-en !
— Et Jacqui ?
— Ne t’inquiète pas… Sonia ne lui fera pas mal. — Pourquoi en es-tu si sûre ?

— Les morts sont en général inoffensifs. Ce sont les vivants qui sont à craindre.
— Quoi ?
Ma mère m’avait déjà tirée à l’entrée. Elle ne voulut plus me répondre. Jacqui battit les paupières. Elle essaya de bouger ses membres. Était-elle
vivante ou morte ?
Elle ouvrit les yeux.
Tout était noir.
Elle ouvrit la bouche, prête à crier lorsque l’ombre lui fit face. — Ne crie pas. Je ne te ferai aucun mal.
Sonia était passée au tutoiement.
Au point où elles en étaient, c’était un détail insignifiant.
Jacqui put se régresser en prenant appui sur le mur qui lui bloquait le dos.
En levant la tête, Elle se rendit compte qu’elle était dans une sorte de petite case. Une tombe peut-être ? Elles se mirent à trembler.
La pièce était éclairée. Une lumière artificielle ? Ou était-ce une illusion d’optique ?
Elle ne savait pas toujours ce qu’elle faisait là et comment elle s’était retrouvée dans cette case.
La dernière chose qu’elle se rappelait était l’ombre blanche qui s’éloignait pendant qu’elle perdait connaissance.
— Qui m’a emmenée ici ?
Sonia s’assit dans un coin en face d’elle. Jacqui pouvait la voir réellement.
— Désolée de ne pas te proposer de liqueur… comme tu le vois, je n’ai pas de bar ici. Je ne bois pas.
Sonia n’avait pas répondu à sa question. Était-elle censé rire ou en pleurer ? Un fantôme qui faisait de l’ironie ? Et pourquoi était-elle capable dd voir une morte ?
Jacqui se hasarda à poser une autre question.

— Suis-je morte ?
— À ton avis ? Répondit Sonia.
— Allons-nous passer la nuit à jouer à ce jeu Sonia ?
Jacqui comprit qu’il était temps de prendre les choses comme elles se
présentaient. Peut-être devrait-elle imaginer qu’elle se trouvait à la terrasse d’un café entrain de prendre un verre ? Sauf que là, elle était dans une tombe, dans un cimetière, en pleine ville.
— Sonia… je
—N’aie pas peur de moi. C’est nous qui devons avoir peur des humains. Jacqui leva timidement la tête.
— Que veux-tu dire ?
— Connais-tu le mythe du requin ?
Jacqui secoua la tête.
— Le requin a toujours été peint comme l’animal le plus dangereux, le tueur d’Hommes… le cinéma a contribué définitivement à le présenter comme celui qui était à abattre. Et pourtant, à chaque fois qu’un requin a tué un homme, c’était par accident. Il avait confondu sa cible. Sais-tu combien d’hommes sont tués chaque année par un requin ?
Jacqui secoua la tête.
Elle ne savait pas comment elle avait pu basculer de cette situation où elle venait chercher des réponses à la vie des requins.
Elle ne les connaissait même pas.
— Non!
— À peine dix ! Moins que les moustiques qui tuent les milliers de chaque année… sais-tu combien de requins sont tués chaque année par l’homme ?
Jacqui secoua une fois de plus négativement la tête. Elle aurait dû bien suivre ses cours de sciences naturelles.

Où était la relation entre les requins et la situation rocambolesque dans laquelle elle se trouvait.
Sonia répondit à sa question muette.
— C’est la même chose avec les fantômes. Ils ne tuent pas les hommes. Ils sont inoffensifs.
Jacqui préféra ne pas relever le” inoffensifs”.
— C’est nous qui avons peur des humains ! Lorsque j’ai contacté Mado sur internet, j’étais alors déjà morte mais elle ne le savait pas.
Jacqui se mit à trembler.
— Morte ? En ligne ?
— Nous sommes nombreux avec qui vous partagez et riez en ligne…
certains profils sont de personnes mortes depuis longtemps. Ils sont là par nostalgie et veulent juste s’amuser. Tu verras certains connectés pour quelques minutes et disparaître pour plusieurs mois. D’autres plus accro vont y passer des jours sans bouger. Comment nous faisons ? C’est un secret familial.. tout ce que je voudrais que tu retiennes est que vous vivez avec les fantômes. Ce ne sont pas eux vos ennemis, mais les vivants !
C’était la conversation la plus bizarre de toute sa vie. Jacqui se mit à pleurer tout doucement.
Sonia continuait.
— La personne que tu devrais craindre est mon père. Et il est bien vivant. Je ne sais pas ce qui s’est réellement passé avec Mado mais j’étais chargée de la
faire venir chez nous et les laisser seuls.
Il avait remarqué Mado devant un magasin. Elle se tenait droite et regardait les beaux habits accrochés. À son air délabré et son visage, il avait compris que Mado voulait ces belles choses et qu’elle était pauvre
Il avait besoin d’une proie pour ses pratiques. Il a tout fait pour lui faire croire que c’est elle qui menait la danse. En réalité, Mado n’a été qu’un poisson qui a mordu à l’hameçon agité devant son nez. Je n’ai jamais compris exactement ce

qu’il voulait faire. Mon père m’avait promis de me libérer. Je voudrais reposer en paix. Il cache sous son lit mon crâne. Je ne peux pas me reposer sans lui. Il a déjà mangé mes deux sœurs. Ma mère s’était échappée en nous abandonnant. Tout ce qu’il a construit se repose dans son ventre. Si elle est ouverte, il perdra tout. Il a un plan mais je ne sais lequel. Je l’ai entendu parler du crâne volé par Mado. Je sais où tu peux le trouver. J’ai appris tout ceci lorsqu’il se faisait déjà tard pour moi. J’ai vingt-deux ans, je veux reposer en paix. Je comprends enfin la formule humaine de : Que ton âme repose en paix ! Crois-moi, c’est important
lorsqu’on est mort.
La tête de Jacqui tournait.
Il y’avait trop d’informations à assimiler en une seule fois, Trop de
questions sans réponses.
— Le crâne ? Comment ça ? Qu’est-ce que c’est ? Comment peux-tu
savoir où il est ? Qui Es-tu ? Comment… je… non… comment… Jacqui bégayait.
— C’est moi qui l’ai volé cette nuit-là. Je peux te le remettre. Je sais que sans ça, mon père mourra. Je veux qu’il cesse de vivre définitivement !
Jacqui se prit la tête entre les mains.
— Non…non…non…
— Tu peux partir si tu le désires. La porte est ouverte. Je ne te retiendrai
pas. Mais si tu veux revoir ta sœur, tu vas devoir me faire confiance. C’est entre me croire ou abandonner. Tu n’as pas le choix. Je te donne le crâne et tu m’offres
mon père. Je saurais quoi en faire !
Jacqui leva la tête prête à riposter. Son téléphone sonna. Elle sursauta.
Comment ?
Sonia avait déjà répondu.
— J’ai la connexion dans ma tombe. Comment crois-tu que je me
connecte ?

Rien n’était plus étonnant. En l’état actuel des choses, Jacqui aurait même cru au retour des dinosaures.
Elle tâtonna son sac pour retirer l’objet qui ne cessait de sonner. Elle décrocha, le regard fixé sur Sonia.
— Allô !
Était-ce un humain ou un mort qui l’appelait ?
— Jacqui, c’est papa… Son père ?
— Papa ?
Son père et ses sœurs étaient retournés en ville. Pourquoi l’appelait-il si tard ?
— Je suis revenue au village. Je ne voulais pas te laisser seule. Mado était ma fille. J’ai décidé de venir veiller son corps avec toi. Mais là il y’a un problème…
— Quoi papa ?
— Ce monsieur, Roger est là. Je l’ai trouvé entrain de tirer le corps de ta sœur dans un trou qu’il avait creusé.
Jacqui bondit sur ses jambes.
— Nonnnnnnnnnnn!!!!… Papa, appelle la police. Ne le laisse pas verser la terre sur elle s’il te plaît. Appelle les secours. Fais tout ton possible pour l’empêcher de l’enterrer. Je serais là dans une demi-heure.
Elle raccrocha en tremblant.
Elle regarda Sonia.
— Où est le crâne ? Je t’offre Roger ! Sonia sourit…

Pour La suite…
????????????Le monde et tous ses mystères qui nous entoure et que nous ignorons tous..encore une fois ce n’est pas de la fiction , ni le reflet de l’imagination… un fais réellement vécu… elle préfère utiliser le prénom Mado, pour garder son identité,sinon qu’elle ne s’appelle pas Mado en réalité

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