Je dormais dans un cimetière 12: Allié,Révélation,Protection

“…Tu ne pécheras point, dit le seigneur !
Il est mon berger et ma forteresse. En lui, je remets ma vie…”
Je murmurais tout doucement en sombrant dans le noir. Je savais que c’était fini. Mais ça n’allait jamais finir.
Mon corps tout léger s’élevait. Je m’en allais…
Ma mère fût soudaine devant moi, elle me sourit en me tendant les bras.
— Mado, tu as pris la bonne décision mais tu t’es précipitée.
J’ouvris les yeux.
— Que veux-tu dire mère ? Je devais tout arrêter. C’était la seule solution.
Seule ma mort aurait pu tout sauver.
Ma mère me caressa le visage d’un geste tendre.
— Je retrouve ma petite fille. Tu as toujours été un peu rebelle mais je
savais que tu étais bonne tout au fond de toi. Tu as donné ta vie et tout ce que tu possédais pour sauver les autres.
— Non mère, je devais réparer la faute que j’avais commise.
— La vérité est que tu refuses d’accepter que tu aies pu changer. Tu es devenue une autre Mado mais ce n’est pas fini.
— Que veux-tu dire maman ?
—Tu n’as pas tout détruit. Le monstre n’était qu’une infirme partie du plan. Tu n’as pas tué l’essentiel. Tu n’as pas enlevé le cœur de l’affaire. Il te manque
une pièce dans le puzzle : le crâne. Je me mis à trembler.
— le crâne ? De quoi parles-tu mère? Pourquoi parles-tu de ça?
— Parce qu’il faut l’arrêter Mado. C’est lui le cœur de tout ceci.
— Ça n’a aucun sens mère. Il a disparu. Ils croient que je le cache. Bon
débarras !
Ma mère me regarda profondément.

— Il est temps d’apprendre certaines choses. J’ai entendu les gens chuchoter. Imagine toi que même mortes, certaines personnes adorent les ragots. Elles disent des non-dits. Elles sont là et savent tout.
Je vais t’en parler mais tu dois me promettre de rejoindre ton corps après tout ceci. Tu dois continuer la procédure !
Je ne savais pas de quoi elle parlait exactement mais j’allais accepter.
— Oui mère…
—Tu en as au moins pour soixante-douze heures. Si ton corps n’est pas
déposé à la morgue, tu pourras le réintégrer. Mais si tu as été congelée ou mise sous terre avant ce laps de temps-là, tu seras obligée d’errer sur terre jusqu’à ta mort programmée.
Je regardai ma mère. Non, je ne pouvais pas le croire. Ma mère…
— …Oui Mado. J’ai été si vite inhumée. je n’ai pas pu rejoindre mon corps après quelques jours à errer. C’est pourquoi je suis encore parmi les vivants car je ne suis pas encore tout à fait morte. Vous ne me voyez pas mais je vis comme vous. Prions qu’il ne t’arrive pas la même chose. Lorsqu’une personne décède, elle n’est pas prête à Luc Accepter et à partir. Il faut que la terre la recouvre complètement pour signer la fin de son séjour terrestre. Dans le cas d’une mort normale, tout s’arrête en général dès la mise sous terre mais nous sommes dans un cas anormal. Après soixante-douze heures, toutes les portes te seront fermées à jamais.
Ce n’était pas possible !
J’étais une fois de plus en plein cauchemar. Coincée entre deux mondes, je devais désormais compter sur ma sœur pour ne pas être mise sous terre rapidement.
Elle seule était capable de retarder l’enterrement.
J’écoutais ma mère me raconter ce qu’elle avait dû drainer au fil des mois. Devant moi, j’observais la scène qui se jouait en ce moment.
Jacqui ferma le livre qu’elle tenait en main. Elle regarda l’Assemblée.

— C’était ma sœur. Elle mérite des obsèques décentes. Quoi qu’il ait pu se passer, Mado ne mérite pas d’être abandonnée comme un chien.
Elle leva les yeux vers son père comme pour l’écouter. Elle ne réclamait pas son approbation. Elle était dans un processus d’information. Sa famille hocha la tête.
Les événements des derniers vingt-quatre heures lui avaient créé un choc. Pas seulement à elle seule mais à tous les membres de la famille. Et pourtant, ils ne connaissaient pas les un dixième de ce qu’elle venait de découvrir.
Elle s’était réveillée ce matin-là avec un mauvais pressentiment. Quelque chose allait se passer et elle ne serait pas bonne. Mado l’accusait d’être trop superstitieuse. Elle ne pouvait pas comprendre.
Jacqui s’était levée pour prier. Elle avait prié tellement qu’elle s’était écorché les genoux.
La porte de sa chambre s’était soudain ouverte.
— Mado est morte. Une cérémonie satanique au village.
Elle n’avait pas voulu écouter plus. Elle devait se rendre au village.
Le spectacle qui lui faisait face était ahurissant. Mado, couchée sur leur
mère, le ventre ouvert laissant échapper un liquide gluant.
Aucun villageois n’avait pu approcher.
C’était des esprits de l’autre monde qui devaient régner là disaient-ils. Son père lui avait dit:
— Ce n’est pas bon tout ceci. Que s’est-il passé ?
Aucune réponse n’aurait pu trouver place.
La police fût là mais elle refusa de toucher le corps.
Ils avaient même proposé de recouvrir le corps de terre directement et passer à autre chose.
Il avait regardé Jacqui en hochant la tête d’un air triste
— J’ai déjà vu des cérémonies pareilles. Votre sœur appartenait à une grande loge. Son moment est arrivé de bouffer la tontine.

Jacqui ne comprenait pas ce qu’il disait mais elle refusait qu’on recouvre Mado de la terre ainsi.
— Nous allons la remonter et conserver le corps dans la case familiale. Des pratiques ancestrales existent pour la conservation d’un corps. Elle pourra tenir quelques heures.
— Mais Jacqui, ça n’a aucun sens. La toucher emmènerait la malédiction sur nous.
— C’est ma sœur, je veux comprendre ce qu’il s’est passé.
Elle n’en démonta pas et resta ferme sur sa décision.
La dépouille mortelle de Mado fût hissée hors de la tombe.
Quelque chose n’allait pas. Jacquie regardait l’abdomen de sa sœur ouvert Si elle était morte, où était le fœtus?
Et elle était sûre que Mado lui avait laissé un Indice. Où devait-elle chercher ?
Jacqui ne mit que quelques heures à trouver le journal de Mado. Elle avait pris la peine de lui laisser un sac, son nom marqué dessus.
Mado avait voulu qu’elle comprenne certaines choses à sa mort.
Elle comprenait à présent mais il se faisait probablement tard pour sa sœur, mais pas pour eux.
Jacqui sera le poing en regardant la dépouille de sa sœur qui curieusement n’avait subi aucun processus de putréfaction après vingt-quatre heures sans conservation.
Aucun ancien au village n’avait accepté d’y toucher.
Jacqui était têtue et refusait de lâcher prise. Elle allait mettre sa sœur en terre mais après avoir découvert où se trouvait le crâne… C’était désormais ça ou rien.
Sa sœur s’était brûlée les ailes en s’approchant très près de cette gloire éphémère.
Son seul devoir désormais était de lui rendre justice. Roger vint la voir rapidement

— Je veux le corps de Mado !
Il était sérieux.
Il était apparu en terrain conquis, sûr d’avoir ce qu’il désirait.
— Vous avez tué ma sœur !
Jacqui avait levé le menton fièrement.
Il ne pouvait pas savoir ce qu’elle pensait de lui.
Une chose était sûre, il voulait récupérer la dépouille de Mado.
— La tuer ? Quel gros mot pour une si frêle jeune fille. Ta sœur s’est tuée
toute seule d’après mes informations. Mado s’est débrouillée toute seule sans mon aide.
Il se mit soudain à tousser. Il toussait sans interruption.
Il lui fallut plusieurs minutes pour s’arrêter et faire face à Jacqui
— Je veux son corps !
— Vous n’avez aucun droit de réclamer le corps de ma sœur. Vous n’êtes
pas un membre de la famille. Laissez-nous tranquille !
Ils se défièrent du regard.
Personne ne voulant lâcher.
Jacqui savait qui était Roger mais il ne lui faisait pas peur. — Sais-tu qui je suis Jacqui ?
— Le diable en personne mais mon Dieu est là et me protège. Vous ne pourrez rien contre moi car je vis à l’ombre de sa protection.
— Remettez moi son corps ou enterez la…
Jacqui marqua un pas en arrière.
— Tiens cet argent !
Il avait sorti des liasses de billets qu’il tendit à Jacqui. — Allez-vous-en ! Siffla-t-elle entre ses dents.
Que le seigneur puisse vous vaincre. Le sang de ma sœur sera lavé !

Roger hésita encore quelques secondes et tourna le dos. Il préparait probablement déjà un autre coup.
Jacqui tremblait en s’écroulant.
Voilà, elle l’avait fait partir.
Il ne pouvait pas la convaincre d’inhumer sa sœur.
Leur père fit son apparition.
— Tout ceci n’est pas clair Jacqui. La mort de Mado et ce qui l’entoure.
On dit au village qu’elle était une sorcière et que nous devons couper le lien avec
le diable. Nous devons brûler son corps rapidement.
Jacqui leva un regard fatigué vers son père.
— Personne ne touchera à son corps père. Nous n’en avons pas terminé ! Son père sursauta
— De quoi parles-tu ?
Jacqui était la seule avoir lu le journal de Mado.
Elle ne pouvait pas tout expliquer à son père.
Il était important pour elle d’arranger les choses avant de dire au-revoir à Mado. Le crâne se trouvait quelque part. Elle devait le trouver et le détruire.
Il n’y aura point de repos pour les méchants.
Elle se mit à prier.
— Prions papa ! Pour le moment, c’est notre seul espoir !
Le reste de la famille vint se joindre à eux. Après avoir perdu leur mère quelques mois plus tôt, ça avait été au tour de leur sœur.
L’ange de la mort rôdait dans la famille.
Jacqui avait le journal en main.
Tout avait été consigné chaque jour.
C’est comme si Mado pressentait ce qui allait arriver.
Elle avait pris le soin d’y laisser des détails infirmes Elle se mit à pleurer en découvrant l’horreur que sa sœur avait vécue. Dormir avec un crâne entre les cuisses pour de l’argent.

Laisser son âme se corrompre pour une jouissance terrestre futile. Comment en était-elle arrivée là ?
Elle avait mal pour sa sœur.
Elle ferma soudain le journal et regarda le corps devant elle. Il venait soudain de prendre des proportions inquiétantes… Il était entrain de changer de forme et de volume.
Jacqui vivait l’horreur sous ses yeux.
Elle se leva en poussant un cri d’alerte.
— Papa !!!!
Son père fût là rapidement
— Jacqui ? Quoi ? Que se passe-t-il ?
— Regarde !
Elle montrait du doigt le corps de Mado qui changeait graduellement.
— Mon Dieu ! S’exclama le père.
Je regardais la scène, ma mère à mes côtés.
— Que se passe-t-il maman ? Pourquoi mon corps commence-t-il à
changer de forme ainsi ?
La mère posa la main sur l’épaule de sa fille Mado.

— Ce sont eux. Leur but est que tu sois sous terre. Ils vont tout faire pour
accélérer la décomposition. La famille sera ainsi obligée de t’enterrer. On pourrait dire : End of the Game !
J’avais envie de pleurer. Jusqu’ici, Jacqui avait fait exactement ce que
j’aurais attendu d’elle. Elle avait fait plus que je n’aurais cru possible.
J’allais continuer l’histoire.. je n’avais pas finir de rédiger mon journal… Je devais revenir pour le compléter et pour cela, mon corps ne devait pas être sous
terre.
Roger était prêt à tout.
Ma mère m’avait fait des révélations sur Sonia.
J’avais été enrôlée dans cette situation à cause de ma cupidité.

— Ils ne m’auront pas mère. Jacqui va tenir. Il ne reste plus que quarante- huit heures.
— Mais comment Mado ?
— Il me faut entrer en contact avec elle. Je dois terminer ce que j’ai commencé. Le monstre n’était qu’un pion. Le jeu n’est pas terminé.
J’ai serré les poings.
Il était temps de rentrer dormir au cimetière….
La suite pour toute à l’heure.. .✍️✍️
Le monde dans lequel nous vivons avec tous ses mystères qui nous entoure..

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