Je dormais dans un cimetière 07: Mariage,Enquête,Aide

Ils me mariaient à un crâne. C’était juste hilarant.
Je crus que la cérémonie n’allait jamais se terminer.
Je sais que certains d’entre vous demeureront sceptiques. Vous resterez
persuadés que rien de tout ceci n’est réel. Vous allez croire que c’est impossible.
Je sais que vous allez vous dire que ce que je raconte n’est qu’un ramassis d’inepties montées de toutes pièces.
Mais laissez-moi clarifier une chose.
Je vous raconte ce qui m’est arrivé de façon claire et succincte. Je vous raconte ce que j’ai vécu dans ma pauvre vie.
Étais-je ténue de le faire ?
Non!
Étiez-vous obligés de me croire ? Non!
Ma vie a été une longue aventure.
Je n’y aurais pas cru moi-même si je n’avais pas été le protagoniste principal.
Imaginez-vous que l’épicier qui est en face n’est pas exactement celui qu’il semble être.
La jeune femme qui vous sourit tous les matins est sûrement le fantôme d’une
morte.
Vous croyez toujours que c’est impossible jusqu’au jour où vous êtes plongés dans la merde.
Dans mon état actuel, il m’était impossible de reculer. Avancer restait la meilleure option.
De toutes les façons, j’allais mourir. Je n’allais pas m’en sortir.
Je le savais déjà.
Dans quelle vie tombait-on enceinte d’un crâne et l’épousait-on ?
Tout ceci n’aurait pu exister que dans l’esprit tordu d’un créateur.
Je regardais ces gens qui chuchotaient.
Cet objet, responsable de ma déconvenue, placé près de moi.
Je n’allais plus faire la politique de l’autruche. Il était temps pour moi de sauver mon âme.
— Tu sembles silencieuse !
Me dit Roger.
Comment lui dire que je n’avais plus droit à la parole ? Qu’aurais-je pu dire, murée dans ce monde de silence qui était devenu mien ?
La cérémonie prit une trentaine de minutes.
L’homme en rouge avait murmuré des paroles inintelligibles pour moi mais connues d’eux seuls.
Désormais, j’étais liée à cet objet inerte qui constituait le socle de leur ministère
D’où venait ce crâne ?
Avait-il été un être humain ?
Comment en étaient-ils arrivés à vénérer un crâne ?
J’avais tellement de questions sans réponses.
Roger me conduisit à l’appartement avec interdiction formelle de sortir toute seule. Où serais-je allée ?
— Lorsque tu iras mieux, tu iras chercher le couteau !
Je pris mon bloc note.
— Que dois-je faire pour retrouver la parole ?
Roger sourit
— Être sage.
— C’est à dire ?
— Le moment viendra, ne sois pas pressée !
Je secouai la tête… Je voulais récupérer une partie de ma vie.
— Nous prenons l’avion dans deux jours pour une autre ville à trois cents kilomètres d’ici, pour ta lune de miel. La visite de l’Europe est reportée à une date ultérieure. Nous y passerons quelques jours.
Je ne pris pas la peine de lui demander ce que ça pouvait bien signifier.
J’étais plongée jusqu’à cou dans leur combine. Vous disiez que le paranormal n’existait pas, et pourtant
J’aurais bien aimé être vous. J’allais continuer.
Deux jours plus tard, Roger et moi prenions la route pour une ville au bord de l’eau.
Nous avions avec nous un invité : le crâne. Il nous accompagnait.
Il était censé être mon époux.
Roger l’avait déposé sur mon lit.
Il dormait sur le lit et moi en dessous.
Je n’avais plus reçu la visite du monstre et je m’en portais mieux.
Ma mère n’était plus apparue dans mes rêves.
Tout semblait aller bien dans ma vie mais rien n’allait.
Je passais mes journées enfermée. Je ne pouvais pas jouir de ce beau
paysage, de la mer. Je regardais indifférente, tout ce qui m’entourait. Roger essaya de me faire bouger en vain.
— Je veux parler ! Écrivais-je à chaque fois.
Nous étions là depuis une semaine et rien n’avait changé. Je ne savais pas ce que faisait Roger tous les jours.
Il sortait de l’hôtel et revenait plus tard, souvent avec le crâne.
J’avais cette impression là qu’il rencontrait quelqu’un.
Je restais au fond de mon lit en journée. Je ne pouvais même pas parler à ma sœur.
Il nous restait deux jours pour revenir en ville.
J’étais assise au balcon ce jour-là lorsque j’assistai à une scène étrange. C’était un homme.
Il s’était arrêté sous ma fenêtre et avait levé la tête. Malgré la distance, nos regards se croisèrent. C’était un noir, la trentaine avancée.
Il fit une pause et se mit à s’éloigner.
Je voulus l’appeler mais je ne parlais pas. Alors, je pris une décision étrange.
Je sortis de l’appartement en courant.
Je ne savais pas pourquoi je le faisais mais je devais parler à cet homme qui m’avait dévisagée à distance.
Lorsque j’arrivai au bas de l’hôtel, il n’était plus là. Il avait disparu. Je me mis à tourner sur moi-même.
Je pris le chemin tout droit devant moi.
Je ne savais pas où j’allais mais je marchais.
Je marchais sans m’arrêter.
J’étais fatiguée et épuisée.
Il me fallait rentrer à l’hôtel. Si Roger savait que j’étais sortie, il allait
hurler.
Je rebroussais chemin lorsque je vis un enfant devant une maison. Il tenait
une plaque sur laquelle était marqué : Approchez-vous pour connaître la vérité. Je lis le futur.
Je marquai une pause.
J’ouvris la bouche pour le saluer mais c’était impossible. Je m’approchai de lui en faisant un signe de la main
Il me sourit
— Tu ne parles pas ?
Il devait avoir une dizaine d’années.
Je hochai la tête en signe d’assentiment.
— Ça ne fait rien. Alors, tu veux ta vérité ? De quoi parlait-il ?
Je fis oui de la tête.
Il me demanda de lui tendre la main. Je le fis Il retourna ma main et regarda ma paume. Soudain il me lâcha la main en hurlant
— Tu portes en toi le diable. Tu dois t’en débarrasser et le plus rapidement possible.
Je le regardais.
— Tu t’es égarée mais tu peux te retrouver. Prend le chemin de la justice, de l’amour, de la paix.
Oublie ce que tu crois indispensable. La plupart de temps, l’Homme ne s’accroche qu’aux futilités, aux choses mondaines en perdant son âme. Et quand vient le moment de sauver son âme, il ne comprend pas pourquoi il ne peut pas réussir. Si tu le veux, tu peux encore t’en sortir.
Il fouilla dans un petit sac que je n’avais pas vu. Il sorti un petit livre qu’il me tendit
— Commence par ceci. Cache le bien à l’abri de tous. Tu trouveras ton chemin en le lisant. Il faut croire. Celui qui croit a déjà gagné sans le savoir.
Il se retourna et se mit à courir.
Je restai là, un livre inconnu dans la main et le regardant disparaître au coin de la rue.
Cette journée avait été étrange. Je devais rentrer. Heureusement, Roger n’était pas encore là à mon retour.
Je me rendis dans la salle de bain pour ouvrir le livre. Pourquoi un enfant inconnu m’avait-il offert ce livre ? À quoi ceci renvoyait-il?
Je glissai sur le carrelage et je l’ouvris.
Je le fis par curiosité.
Je le fis car j’avais envie de croire et de m’accrocher à autre chose. J’étais déjà perdue.
Je ne pouvais plus retrouver mon chemin.
Je me mis à lire.
C’est le claquement de la porte qui me fit sursauter.
Je cachai rapidement mon petit livre dans un coin dans les toilettes et je
sortis
— Où étais-tu ? Me demanda Roger.
Je cherchai mon bloc note.
— C’est toi qui est sorti. J’ai passé ma journée ici.
Roger me regarda.
— Es-tu sortie Mado ?
J’hésitai une seconde avant d’écrire.
— Quelques minutes ce soir. Je suis allée regarder les passants. Il secoua la tête.
— Tu sais que tu n’as pas le droit de sortir sans moi !
— Je le sais Roger !
— D’accord, je vais prendre ma douche. Nous allons dîner ici. Et il disparut dans sa chambre.
Je repris ma respiration que j’avais arrêtée.
J’allais lu un passage dans le livre.
” Vous qui êtes fatigués et perdus, venez à moi et vous serez sauvés !”
Je n’avais retenu que deux mots : Perdu et sauvé ! Devais-je le croire ?
Il était peut-être temps pour moi d’envisager une seconde option. Et si je parvenais à inverser la courbe ?
Pour la première fois depuis des semaines, j’eus un vrai sourire. L’horizon ne me paraissait plus si sombre.
Je portais un monstre en moi ? Soit !
J’allais le faire partir.
J’avais toujours été une personne des extrêmes.
J’avais été capable de convoiter l’argent , la richesse. J’étais bien capable de déloger une chose si je ne le désirais pas.
Cette chose allait partir.
J’allais la tuer.
J’avais lu pendant les deux jours suivant la moitié de mon petit livre. Je ne comprenais pas exactement la signification de tous les mots. Une seule
chose m’importait. Il parvenait à m’apaiser et à me faire croire.
Ces moments, où je me disais que je n’allais jamais laisser mon argent, ne duraient jamais. De toutes les façons, je n’étais pas en état pour en profiter.
Je devais passer à autre chose.
Dès notre retour, les choses changèrent.
Roger me fit savoir que j’allais répartir au cimetière.
Je ne fus pas surprise.
Je m’y attendais. Mais j’étais plus sereine.
J’avais déjà dans la tête tout le schéma de ce que j’allais faire.
Il me fallait fouiller des informations sur Roger. Qui était-il et qui était sa famille ?
J’allais rassembler autant d’informations que possible.
J’allais également chercher ce couteau si cher au monstre. Pas pour le lui remettre mais pour me défendre.
Je comprenais que je pouvais m’en sortir avec un peu de volonté. J’allais commencer ma guerre.
Jacqui vint me voir
— Je te trouve bonne mine. Roger avait raison. Ce séjour semble t’avoir revigorée.
Je secouai la tête. Elle ne pouvait pas comprendre.
Le lendemain, je sortis en catimini de l’appartement. J’avais laissé un message à Roger, disant que je voulais voir mon père.
Je prenais la route du village. J’avais déjà tout apprêté.
Je devais me rendre sur la tombe de ma mère. C’est où se trouvait la solution.
J’avais mon petit livre avec moi.
Je me mis en chemin très confiante.
J’avais acheté le matériel nécessaire pour exhumer le corps de ma mère.
J’allais le faire toute seule même s’il me fallait y passer des heures. Aujourd’hui, j’allais livrer une bataille contre un ministère satanique.
Ils me croyaient jeune, opportuniste et inoffensive.
Malheureusement, le monstre en moi n’avait pas que des inconvénients. Il me donnait la force de continuer.
Je m’assis sur la tombe de ma mère.
Ma pelle en main, les manches retroussées, je lui dis intérieurement
— Maman, j’ai plus que jamais besoin de toi. Là, il est écrit : Que celui qui est fatigué et perdu vienne à moi!
J’irai à lui mais il me faut les combattre maman. Je suis là pour ça. J’aime l’argent, la richesse, mais j’ai choisi la paix et l’amour. Veux-tu m’aider ? Pardonne-moi de profaner ta tombe maman.
Je donnai le premier coup de pioche….???????????????? à faire à suivre, les choses sérieuses vont commencer ???????? ….

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