Je dormais dans un cimetière 03: Acte posé,Crâne,Décès

J’étais consciente de m’être fourrée dans une situation inexplicable. Comment pouvais-je accepter une demande aussi saugrenue.
Jamais, au grand jamais, au plus profond de mes attentes, j’aurais pu
monter pareil scénario.
Ce n’était pas ce que je croyais.
Ce n’était pas ainsi que je voyais la fin de nôtre soirée.
Robert me paraissait si serein.
Je devais le supplier me disais-je.
— Robert, écoute, il y’a un petit souci…
Il me coupa la parole
— Tu vis chez ton oncle, c’est ça ? Est-ce qu’il prend bien soin de toi ? Te
manque-t-il quelque chose ? Es-tu déjà allée à Dubaï
De quoi parlait-il encore ?
J’avais la tête qui tournait. Pourquoi discutais-je de Dubaï dans une tombe
avec un homme en pleine nuit?
— Non, je ne suis jamais allée à Dubaï !
Je ne pus avouer que je n’étais jamais allée plus loin que les frontières de
la ville.
— Ce n’est pas un problème. Rapidement, il te faudrait un passeport.
Nous allons y aller pour une semaine.
Il me l’annonçait si calmement ? Maintenant et là ? J’étais désorientée.
— Roger…
Il me plaça le crâne entre les mains.
— Tu n’as rien d’autre à faire que de le laisser reposer entre tes cuisses, c’est tout. Ce n’est pas la mer à boire. Imagine toi tout ce que tu es sur le point de
conquérir dans ce monde ma petite Mado. Tu es si jeune mais intelligente. Je sais que tu es une fille qui aura le monde à ses pieds.
Je saisis le crâne en tremblant.
Vous allez me traiter de fille insensée ou de gourde, comprenez qu’à cet instant, je ne voyais que les portes qui allaient littéralement s’ouvrir devant moi.
Roger m’avait montré le coin où j’allais m’allonger. Ce n’était pas impossible pour moi.
Je m’allongeai, le crâne entre mes cuisses comme indiqué.
— Le chauffeur viendra te chercher demain matin. Nous pourrons mettre en place ta nouvelle vie.
Je fermai les yeux en pensant très fort à Dubaï.
Je sentis entre mes jambes une sensation étrange. Je ne m’étais même pas déshabillée. Mais je savais qu’on fouillait dans mon intimité. Je sentais la chose. Elle m’écarta les jambes et je sentis profondément un mouvement qui tirait mon slip vers le bas. J’eus un sursaut. Je tremblais. Je voulais me lever et fuir. Mais à ce moment-là, mes mouvements ne m’appartenaient plus. J’étais comme figée, observant ce qui allait se passer. Je n’avais plus aucun droit sur mon corps.
Tout à coup, je sentis une poussée et une grande douleur.
Il ne fallait pas être sorcier pour comprendre ce qui venait de se passer. Un crâne venait de prendre ma virginité.
Je me mis à pleurer.
J’avais atteint le fond.
Impossible de retourner.
C’était l’horreur.
Le jour me trouva prostrée. Je ne sus pas comment j’avais terminé la nuit.
J’avais eu mal. J’avais senti une douleur profonde au cœur de mon intimité. Un liquide s’y échappait mais je ne voulais pas vérifier.
La porte s’ouvrit seule comme par enchantement.
Je me levai en regardant autour de moi, le crâne avait disparu. J’étais seule. Non, je n’avais pas rêvé. Je sortis mon téléphone spontanément pour filmer autour de moi. Que cherchais-je exactement ? J’étais si fatiguée.
Je sortis en titubant. Après quelques pas, je vis une voiture garée entre deux tombes. Le chauffeur attendait.
Je m’approchai.
Il ne prononça aucun mot et m’ouvrit la portière. Je voulais m’en aller loin de ce cimetière.
Je voulais fuir ce lieu lugubre, témoin de la scène macabre que je venais de vivre.
La voiture s’éloignait et je fermai les yeux. Oui, la soirée s’était déroulée comme prévu. J’avais perdu ma virginité comme prévu, pas avec un homme mais avec un mort.
Je me mis à pleurer.
Je ne sais pas combien de temps ça nous prit pour atteindre le centre-ville. Le chauffeur me tendit une grande enveloppe. Elle était différente.
Sans un mot, il me déposa et s’éloigna.
J’étais dans un état épouvantable.
Lorsque j’arrivai à la maison, personne n’était là.
Seule ma sœur Jacqui coiffeuse, s’apprêtait encore pour son boulot.
— Mado, que t’est-il arrivé ? Et d’où sors-tu? Papa a reçu un message hier
soir d’une de tes amies disant que vous étiez entrain de travailler sur un projet
d’entreprise ! C’est incroyable. De quoi s’agit-il ?
Ma sœur bavardait et j’avais mal à la tête. Une douleur lancinante me
vrillait le crâne. Je voulais qu’elle se taise. — Tais-toi Jacqui !
Je m’enfuis dans notre chambre. De toutes les façons, j’allais finir par lui parler. Nous étions dans cette maison comme dans une boîte de sardines.
Je m’écroulai sur mon matelas qui n’avait de matelas que de nom.
Je devais vérifier une chose. Ce liquide gluant que j’avais senti entre mes cuisses.
Dès que je soulevai ma robe et baissai mon slip, je le vis. Du sang tout frais en liquide. J’en avais vu le jour où mon père égorgeait la chèvre du voisin.
J’étais entrain de saigner.
Toute tremblante, j’ouvris l’enveloppe.
Son contenu me fit écarquiller les yeux. J’avais même oublié le sang entre
mes cuisses.
Il y’avait une somme énorme. Je refusai de compter et un téléphone dernier cri.
Je pris le téléphone. Je n’avais jamais, au grand jamais imaginé ce qui allait suivre.
Je devais prendre un bain
À partir de ce jour, les choses changèrent dans ma vie.
J’avais fini par cacher l’argent et son enveloppe. Le téléphone resta dans
mon sac.
Je m’étais frotté les cuisses durant des heures, voulant faire disparaitre le
sang.
Je ne pouvais me confier à personne.
J’avais peur.
Je sursautais au moindre bruit.
J’attendais impatiemment ce qui allait suivre.
Ma mère me regarda ce soir-là inquiète
— Mado, tu couves un virus ?
— Pourquoi dis-tu ça maman ?
— Tu m’as l’air fiévreuse. Je vais te préparer le médicament contre le
paludisme et celui pour t’apporter un peu de sang également.
Elle se mit à mélanger des herbes bizarres pour constituer une potion. Je voulais me reposer.
C’est la sonnerie du nouveau téléphone qui me réveilla. — Allô !
— Je t’ai laissé le temps de mieux te reposer
C’était Roger. Je me régressai sur mon matelas
— Oui
— On se voit ce soir, je vais t’offrir une chose, sois prête à dix-neuf heures.
Il avait raccroché.
Je regardai le téléphone comme s’il s’était agi d’une bombe. Je tremblais.
Ma mère entra dans la chambre
— Voilà, tu trembles. Ton médicament sera bientôt prêt.
Je fermai les yeux en pleurant tout doucement. J’étais foutue. Roger au gros ventre m’attendait.
Il sourit à ma vue.
Il se comportait comme si tout était normal.
— Asseois-toi Mado. Tu es une bonne fille. Les choses sérieuses peuvent
commencer.
J’avais les doigts crispés
— Roger, je n’ai pas encore digéré et…
Il me recouvrit la main de la sienne. Il me fixa. Je voyais dans ses yeux une lueur indéchiffrable.
— Ça va aller ma petite Mado.
Je suis là maintenant. Je prendrais soin de tout. La mort de tes parents ne sera plus qu’un lointain souvenir. Dès le premier soir, j’ai su que nous allions nous entendre. Les signes que l’autre renvoi ne trompent jamais. Tu es une fleur inestimable. Tu devais juste trouver quelqu’un pour te faire éclore. Nous allons ensemble bâtir beaucoup de choses. Tu es précieuse. Avec moi, n’aie pas peur pour ta vertu.
Il porta ma main à ses lèvres.
— Tes désirs seront désormais des ordres.
— Pourquoi… Murmurai-je
Je me parlais à moi-même… déjà il aboya les ordres au serveur. Un ami à
lui vint nous rejoindre et la conversation s’arrêta.
J’avais une préoccupation plus importante.
Qu’allais-je faire de tout cet argent. Comment en jouir sans me justifier ? J’étais dans l’impasse. J’étais désormais riche mais je ne pouvais pas jouir
de cet argent.
À quoi ça sert de posséder tant d’argent si on ne peut pas l’utiliser ?
C’était une situation délicate.
Roger me dit que j’allais encore passer la nuit au cimetière.
— Encore ? Ai-je crié
Ce n’était pas possible. Ça n’allait pas devenir une habitude. J’avais
accepté une première fois, soit, mais je n’allais pas jouer à ce jeu toute ma vie.
Il m’expliqua que c’était pour mon bien et que bientôt, je serais très
heureuse pour penser à cet épisode de ma vie
Il voulait toujours se présenter comme un saint. Un homme honnête qui
venait en aide à une pauvre orpheline.
J’allais comprendre plus tard que sous ce masque d’homme parfait, se
cachait en fait un monstre.
Comment dire à sa mère qu’on veut prendre son indépendance et voler de
ses propres ailes à seulement dix-huit ans?
M’aurait-elle même écoutée
— Maman, ma patronne doit voyager pour effectuer des achats pour le
magasin. Elle me propose de venir vivre avec sa fille pour quelques jours. Comme une sorte de nounou en fait, je n’aurais qu’à l’emmener à l’école et lui préparer à manger. Sa fille a six ans.
Ma mère me regarda dubitative

— C’est quelle histoire ça encore ? Elle n’a pas de famille ?
— Maman !
— Oui, c’est étrange, comment faisait-elle avant toi ? Pourquoi toi ?
Ma mère n’était pas née de la dernière pluie. Elle se mit à me bombarder
de questions. Mais à la fin, je pus la convaincre
— J’espère que ce n’est pas pour aller vivre avec un homme Mado ! Outrée, je m’écriai.
— Maman ! Quelle idée. S’il te plaît, ne me prête pas les mauvaises
pensées
— Je le disais au cas où..
— Je ne vais pas vivre avec un garçon ! Là au moins, j’étais sincère.
Je tournai les yeux.
Si elle savait.
J’avais un amant. C’était un crâne.
C’est ainsi que je pus quitter notre maison crasseuse pour intégrer l’appartement que Roger avait mis à ma disposition.
C’était la première fois que j’allais vivre au milieu de tant de luxe. L’euphorie me gagna et je me mis à danser.
Maintenant, j’allais changer.
J’allais devenir une grande femme d’affaires importante dans ce pays. J’allais m’offrir tout ce que je veux.
Je m’imaginais dans dix ans, être citée comme un exemple de la réussite.
J’étais en voie pour atteindre le sommet. Par des moyens douteux peut-être mais j’allais y arriver.
Mais il y’avait un hic, je passais mes nuits dans le cimetière avec ce crâne qui me laissait toujours un saignement.
Je croyais que j’allais vite arrêter avec cette pratique malsaine.
Je désenchantai lorsque Roger me fit savoir que ce n’était pas encore le moment.
Je devais continuer.
Jusqu’à quand ?
Jusqu’à la prochaine étape probablement !
J’avais pris mes quartiers dans cet appartement luxueux en plein centre-
ville.
Je voulais faire quelque chose.
Me tourner les pouces toute la journée ne m’amusait plus.
J’appelais régulièrement ma mère pour la rassurer et lui dire que tout se passait bien .
Elle me posait tellement de questions que ça devint compliqué de lui parler.
Mon père n’avait jamais demandé où j’étais exactement.
Ça lui faisait probablement une bouche de moins à nourrir.
J’étais dans ma bulle, essayant de jouir des privilèges qui m’étaient
accordés.
Seuls les épisodes du cimetière me mettaient mal à l’aise.
Comment pouvait-on avoir une maison luxueuse et dormir dans une
tombe avec un crâne entre les cuisses chaque nuit ? Ça n’allait pas du tout.
J’essayais de me convaincre que j’étais heureuse mais ce n’était qu’une
illusion.
Vint le moment où Roger me demanda d’établir mon passeport. L’agent vint à l’appartement. Tout fût fait en une trentaine de minutes. Roger était là.
Après le départ de l’agent de police, il me dit
— La semaine prochaine, nous irons à Dubaï !

J’étais si heureuse. Enfin, j’allais voyager. J’allais profiter de quelques jours de répit avec le crâne.
— Roger, je voulais te demander quelque chose.
— Quoi mon cœur
— J’aimerais faire quelque chose. J’ai beaucoup d’argent…
Roger ouvrit les yeux tout ronds
— De quoi parles-tu mon petit cœur !
— Je voudrais profiter de notre voyage à Dubaï pour ouvrir une boutique
de vente de vêtements de Luxe.
Je voulais une indépendance financière..
J’avais déjà tellement d’argent dans un compte en banque mais ceci ne
pouvait pas étancher ma soif de la richesse. L’étau se resserrait.
Roger devint de plus en plus présent dans ma vie et ma mère de plus en plus pressante. Elle ne cessait de me harceler.
Elle ne manquait pas une occasion de m’appeler pour demander si tout allait bien.
Bien que je pris le temps de la rassurer, ce n’était pas suffisant. Elle me dit
— Mado, je fais des rêves étranges. Ce n’est pas sain
— De quoi parles-tu encore maman ?
—De tout ce qui se passe. Quand reviens-tu ?
— Maman, tu te fais un sang d’encre.
— Je ne suis pas folle Mado.
Je raccrochais dans lui laisser le temps de me donner des céphalées. Elle me pourrissait la vie.
Elle parvint à inquiéter mon père qui m’appela aussi
— Rentre à la maison.

C’était un ordre… C’était dit sur un ton si péremptoire que je n’avais plus qu’à exécuter.
Mon père croyait encore que j’étais sa petite fille innocente, prête à réagir au moindre ordre.
— Ma patronne n’est pas revenue papa.
— Ça fait déjà deux semaines. Ce n’est pas sain. Ta mère s’inquiète. Encore ma mère !
— Papa, vous n’avez pas à vous inquiéter. Je vais bien.
— Ce n’est pas ce que dit ta mère
— Et que dit-elle ma chère mère ?
J’avais employé un ton ironique qui n’échappa pas à mon père.
— Ne parle pas ainsi de ta mère.
— Papa, je te fais un transfert de cinquante mille francs. Tu pourras
t’acheter des choses avec, Au-revoir.
Je savais que mon père n’allait rien dire à ma mère pour l’argent.
Elle commençait à bien faire là avec son inquiétude à la noix…
Je passais toujours mes nuits dans la tombe et je revenais tous les jours à
5H du matin. Le même chauffeur m’attendait.
Roger décida qu’il était temps que j’apprenne à conduire.
Je me mis à chercher un local pour mon nouveau magasin.
Roger me rassura
— Tu auras un grand magasin, mais tu devrais te plier à certaines règles. !
— Quoi Roger !
— On en parlera le moment venu.
Roger était devenu mon mentor.
Lui et moi n’avions jamais couché ensemble.
Il était mon guide.
Le voyage pour Dubaï eut finalement lieu. L’un des moments les plus féeriques de ma vie.

Pour la première fois, je palpais du doigt la richesse pure, la vraie, pas les miettes que certains présentaient dans les quartiers.
Je dormais dans une chambre qui coûtait 400.000 FCFA la nuitée. Roger m’avait tendu un paquet dans le jet privé qui nous transportait.
C’était le crâne.
— Mais…
— Tu dormiras avec lui.
Moi qui croyais pouvoir lui échapper. j’étais bien naïve.
Je fêtai mon dix-neuvième anniversaire à Dubaï, loin de ma famille. Roger ne pouvait pas le savoir. Je ne lui avais toujours rien dit. Mais j’ignorais alors qu’à cause de mon passeport, il savait la vérité.
Je visitai le désert. Je pus même faire des cascades. Ma nuit, sous ma couette, m’attendait le crâne qui devait se nicher là.
Ses attouchements se faisaient de plus en plus profonds.
Je ne pouvais pas me plaindre. J’avais la vie que j’avais toujours rêvée. Nous rentrâmes après sept jours.
Les choses reprirent leur cour.
Ma mère m’appela encore.
— C’est trop Mado. Je vais venir voir ta patronne pour lui parler.
— Maman, elle a voyagé.
— On ne peut pas voyager ainsi durant plusieurs semaines. Qui gère sa
boutique ? Et elle n’a pas une famille à elle ?
C’était la énième fois qu’elle me le demandait. Inutile de lui renvoyer la même réponse.
J’avais appris que lorsque quelqu’un a une idée figée dans son esprit, il devient impossible de la déloger.
Ma mère me cassait les pieds.
Elle avait enrôlé mes sœurs qui se mirent à me harceler. Même mes oncles s’étaient joints à elles.

On voulait savoir où j’étais depuis un mois et ce que je faisais.
S’ils pouvaient savoir que j’étais devenue une femme importante, ils seraient tombés à la renverse. Je n’allais pas cacher ma richesse bien longtemps.
Je cherchais encore un moyen pour faire accepter mon nouveau statut dans ma famille.
Il fallait y aller tout doucement.
C’était clair que j’étais trop jeune pour tout cet argent. Mais ils n’avaient pas besoin de savoir.
Roger me montra la nouvelle boutique. Je devais m’approvisionner rapidement.
Nous étions devant la porte lorsqu’il déclara.
— Ce pot-là devant la boutique ne doit jamais bouger. Tu dois l’arroser tous les jours à douze heures. Il faut y mettre sa fondation.
— De quoi parles-tu encore Roger ?
— Mado, tu dois y mettre quelque chose qui te tient à cœur. Quelque chose qui te permettra de mieux t’épanouir. Nous avons toujours autour de nous une chose, un élément qui nous casse les pieds et qu’on aimerait voir disparaître.
J’ouvris les yeux
— Ah, si ma mère pouvait disparaître ainsi. Elle ne cesse de me casser les pieds depuis quelques jours.
Je l’avais déclaré sur un ton badin. Ma mère m’avait encore appelée le matin même
“— Mado, je vais prier pour toi ! — Pourquoi maman ?
— Tu dois être sauvée !”
C’était une obsession.
Roger ouvrit les yeux
— Je croyais que tes parents étaient morts !
Je venais de me trahir… J’allais vite rattraper le coup.

— En fait, elle est celle qui prend soin de moi. Elle m’a donné la vie et je ne vivais pas vraiment avec elle et…Mon père s’était remarié et je considérais son épouse comme ma mère et…
Je m’embrouillais dans mes explications.
Ça sentait le mensonge à plein nez. Moi-même, je ne croyais pas à ce que je racontais.
Roger comprenait bien que je ne lui avais pas dit toute la vérité. Il secoua les épaules.
— Ne t’inquiète plus pour ta mère.
J’étais soulagée qu’il n’en fasse pas tout un plat.
Après la visite de la boutique, Roger me dit que tout allait bien se passer. Je devais retourner à la nuit tombée au cimetière.
J’arrivai chez moi ce matin-là et mon téléphone se mit à sonner.
C’était mon père
— Ta mère est morte !
Je restai tétanisée.
— Comment ?
— Elle s’est levée ce matin et brusquement elle s’est écroulée. Le temps de
chercher un taxi, elle était morte !
Je laissai tomber mon téléphone
Ma mère était morte ? Mais comment ? Elle était encore bien solide et
jeune. Elle se portait bien !
Fébrilement, je composai le numéro de Roger
— Ma mère est morte !
— C’est bien. Elle vit désormais sous ton pot. Tu as dit qu’elle te cassait
les pieds. Désormais, tu n’as plus de soucis à te faire. Elle vivra sous ton pot au magasin… c’est sa place là-bas. Apprête-toi pour aller au deuil.
Je hurlai
— Tu as tué ma mère !

— Mado, rien ne s’obtient gratuitement. À bientôt..
Jusqu’où étais-je prête à aller dans ma soif de richesse ? Je venais d’ôter la vie à celle qui m’avait donné la vie !

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